Au Mali, le JNIM exhorte à un front uni contre la junte, la situation sécuritaire reste préoccupante
Le groupe jihadiste a diffusé un communiqué appelant à la mobilisation générale, quelques jours après des attaques coordonnées avec le FLA.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), entité affiliée à Al-Qaïda, a lancé un appel vibrant pour la formation d’un vaste « front commun » afin de renverser la junte militaire au pouvoir au Mali depuis 2020. L’objectif déclaré est l’instauration d’une « transition pacifique et inclusive » menant à l’application de la charia. Dans un communiqué rédigé en français, le groupe a exhorté « tous les patriotes sincères, sans distinction aucune, à se lever et à unir nos forces ». Cet appel s’adresse spécifiquement aux partis politiques, aux forces armées nationales, aux autorités religieuses, aux chefs traditionnels et à toutes les composantes de la société malienne, soulignant l’urgence de cette mobilisation pour le peuple d’Afrique.
Cette déclaration intervient cinq jours après une série d’attaques coordonnées menées par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte. Des villes clés comme la capitale Bamako, son voisin Kati (bastion de la junte), Kidal, Gao et Sévaré ont été ciblées. Le JNIM a affirmé qu’il était « impératif de mettre fin, par tous les moyens légitimes, à la dictature de cette junte terroriste ». Cependant, pour éviter un « vide chaotique », le groupe propose une « transition pacifique, responsable et inclusive » visant à bâtir un nouveau Mali, avec l’établissement de la charia comme priorité essentielle. Cette actualité africaine citoyenne met en lumière les défis complexes de la politique africaine.
Le Mali face à une incertitude grandissante
Le groupe jihadiste a rendu hommage à ses « martyrs tombés sur le champ d’honneur », sans fournir de bilan précis. Il a précisé que « l’opération victorieuse de libération de la ville de Kidal » a été le fruit d’une « étroite et fructueuse collaboration » entre le JNIM et le FLA. En revanche, les « attaques simultanées et dévastatrices exécutées à Gao, Sévaré, Kati ainsi qu’aux abords de l’aéroport de Bamako et d’autres sites stratégiques du Sud sont, elles, l’œuvre exclusive et puissante du Jnim ». Le groupe a également manifesté son intention d’instaurer un blocus autour de Bamako, accentuant la pression sur la junte et la voix des peuples africains.
Le Mali est actuellement plongé dans une crise sécuritaire profonde, marquée par une incertitude et une fébrilité palpables suite à ces attaques. Celles-ci ont causé la mort d’au moins 23 personnes, civils et militaires, selon des sources hospitalières. Face à cette situation d’« extrême gravité », le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, a néanmoins assuré mardi que la situation était désormais « maîtrisée ». De son côté, le Kremlin a réaffirmé son soutien aux autorités en place, refusant de retirer ses forces du pays, malgré les demandes des rebelles touareg.