Arrestation d’un imam au Burkina Faso : tensions autour du projet de loi sur les cultes

arrestation d’un imam au Burkina Faso : tensions autour du projet de loi sur les cultes

manifestation de fidèles devant un bâtiment administratif au Burkina Faso

En avril, un responsable religieux influent de Bobo Dioulasso, Mahmoud Barro, avait déjà été appréhendé dans des conditions jugées contestables par ses partisans. La fin du mois de mars avait elle aussi été marquée par l’interpellation d’un cyberactiviste, Mahamadi Baguian, décédé peu après son placement en détention à Ouagadougou. Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement.

L’arrestation de l’imam Mohamed Kindo, réalisée mardi en début d’après-midi, s’ajoute à cette série d’interpellations controversées. Le texte législatif en discussion, adopté en conseil des ministres le 19 mars, cristallise les tensions. Ce projet de loi ambitionne de réguler les pratiques cultuelles dans l’espace public, notamment en interdisant leur exercice au sein des administrations, hôpitaux et casernes.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L’imam Kindo, figure majeure du sunnisme burkinabè, a vivement dénoncé ce projet. Son arrestation, survenue à la veille de la fête de la Tabaski, a provoqué des rassemblements massifs de fidèles dans la capitale. Les heurts avec les forces de l’ordre ont été violents, impliquant l’usage de gaz lacrymogènes et des méthodes de dispersion musclées en plein centre-ville.