Ambassadeur français en RDC : la France réaffirme son engagement pour la paix à l’est

La France réitère son appui aux efforts de paix en République démocratique du Congo

À l’occasion de la fête nationale française, l’ambassadeur de France en République démocratique du Congo, Rémi Maréchaux, a marqué l’événement par un discours fort en faveur de la stabilisation de l’Est du pays. Lors d’une réception organisée à sa résidence, il a souligné l’engagement continu de Paris dans la recherche de solutions durables aux conflits qui minent la région depuis des années.

Une célébration ancrée dans les valeurs républicaines

Le diplomate a rappelé que le 14 juillet ne célèbre pas seulement un anniversaire national, mais bien les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité issus de la Révolution française de 1789. Une occasion pour lui de réaffirmer que l’action extérieure de la France s’inscrit dans le prolongement de ces principes universels.

Le Conseil de sécurité de l’ONU au cœur des discussions

Rémi Maréchaux a mis en avant le rôle actif de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, où elle a contribué à l’adoption de plusieurs résolutions clés pour la paix en RDC. Parmi elles, la résolution 2773, qui établit un cadre clair pour mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays, exigeant notamment :

  • L’arrêt immédiat des combats par le M23
  • Le retrait complet des troupes de cette faction armée
  • La dissolution de toutes les administrations parallèles illégitimes
  • Le retrait de l’armée rwandaise du territoire congolais et la fin de son soutien au M23

Le diplomate a également évoqué les résolutions 2808 et 2825 (2026), qui prolongent respectivement le mandat de la MONUSCO d’un an et le régime de sanctions contre la RDC jusqu’en juillet 2027, tout en renforçant le mandat du Groupe d’experts chargé de superviser leur application.

Un plaidoyer pour le multilatéralisme et la coopération régionale

L’ambassadeur français a salué les initiatives de médiation en cours, portées par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine. Il a réitéré le soutien de la France à ces efforts, rappelant que « le choix de la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse, mais une preuve de détermination ». Pour lui, la solution négociée doit reposer sur deux principes incontournables : le respect de la souveraineté de la RDC et l’intégrité de son territoire.

« La France est convaincue que le multilatéralisme inclusif, intégrant davantage l’Afrique dans la gouvernance mondiale, est la réponse la plus adaptée face à la brutalisation actuelle des relations internationales », a-t-il déclaré.

Renforcement de la coopération bilatérale

Au-delà de l’action multilatérale, Rémi Maréchaux a insisté sur le renforcement des liens bilatéraux entre la France et la RDC, notamment dans le domaine de la sécurité. Il a cité en exemple la régénération d’un bataillon de la Brigade Jungle à Kisangani en mars 2026, avec le soutien d’instructeurs français. Un deuxième bataillon devrait bénéficier du même accompagnement en octobre prochain.

Un pays en pleine ascension sur la scène internationale

Le diplomate a souligné que la RDC, actuellement membre du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle préside ce mois-ci, renforce également son influence dans d’autres instances :

  • Membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies
  • Présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs
  • Candidature de Juliana Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie

« Ces avancées sont une excellente nouvelle, non seulement pour la RDC et son rayonnement, mais aussi pour le continent africain », a-t-il commenté.

Un contexte diplomatique complexe

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la signature, sous médiation américaine, de l’accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda. Cet accord prévoit notamment :

  • Des mesures de désescalade entre les deux pays
  • Le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais
  • La neutralisation des groupes armés actifs dans l’Est, dont les FDLR, considérés par Kigali comme une menace pour sa sécurité

Cependant, malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante sur le terrain. Les rebelles du M23, soutenus selon Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux par le Rwanda, conservent le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ainsi que de nombreuses localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les combats persistent, et les initiatives diplomatiques peinent à produire des effets concrets, révélant un écart persistant entre les engagements pris et la réalité du terrain.

Cette analyse met en lumière les défis majeurs auxquels la RDC et ses partenaires internationaux doivent faire face pour instaurer une paix durable dans cette région en proie à l’instabilité chronique.