Algérie et Tchad renforcent leur coopération énergétique et routière

Cette semaine, l’Algérie et le Tchad ont marqué une avancée significative dans leur collaboration bilatérale en signant deux accords stratégiques dédiés aux infrastructures et à l’énergie. Ces signatures, échangées lors de déplacements officiels à Alger et à N’Djamena, visent à concrétiser des engagements pris en avril dernier et à renforcer les liens économiques entre les deux nations africaines.

Un partenariat renforcé dans les infrastructures routières

À N’Djamena, Abdelkader Djellaoui, ministre algérien des Travaux publics et des Infrastructures de base, et Amir Idriss Kourda, son homologue tchadien des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier, ont officialisé un accord visant à faciliter la réalisation de projets communs. Cette signature s’est déroulée en marge d’une réunion de coordination, marquant le deuxième jour de la visite de la délégation algérienne au Tchad.

Les échanges techniques entre les deux pays ont permis de constater une progression notable dans la mise en œuvre des accords bilatéraux. Les visites mutuelles et les études préliminaires pour le projet de la route transsaharienne, traversant le territoire tchadien, ont d’ores et déjà débuté, confirmant la dynamique engagée.

Une centrale électrique de 40 MW à N’Djamena

Dans la capitale algérienne, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Passalé Kanabé Marcelin, ministre tchadien de l’Eau et de l’Énergie, ont signé un second accord historique. Ce texte porte sur la construction d’une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts à N’Djamena, alignée sur les orientations du président algérien Abdelmadjid Tebboune en faveur d’une coopération Sud-Sud renforcée.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes de collaboration : production, transport et distribution d’électricité, fourniture d’équipements électriques et gaziers, ainsi que formation des techniciens locaux. Selon les déclarations officielles, l’étude technique du projet est désormais finalisée, après une mission technique de Sonelgaz au Tchad la semaine précédente.

Les deux parties se préparent activement à l’installation des équipements et à la pose de la première pierre. Parallèlement, des équipes tchadiennes entameront une formation d’un mois au sein des écoles de Sonelgaz en Algérie pour garantir l’exploitation optimale de la future centrale. Ce projet inclut également la modernisation du réseau électrique de N’Djamena.

Un tournant pour la coopération énergétique africaine

Pour le ministre tchadien, cet accord représente « un jalon historique » et une étape clé dans le renforcement des relations algéro-tchadiennes. Les fondations de cette coopération avaient été posées lors de la visite officielle du président Mahamat Idriss Déby Itno à Alger en avril dernier. Marcelin a salué le soutien algérien, soulignant que l’Algérie s’impose comme une référence pour de nombreux pays africains en matière de gestion énergétique.

Actuellement, 12 stagiaires tchadiens suivent une formation en Algérie, et d’autres promotions bénéficieront prochainement de ce programme. Yazid Djellouli, PDG de Sonelgaz International, a confirmé que la centrale sera entièrement conçue, équipée et exploitée par des ressources algériennes, tant en main-d’œuvre qu’en technologie. Les autorités tchadiennes préparent le terrain pour les travaux, tandis que les équipements sont en cours de transfert.

Sonelgaz International, créée en mars dernier, a déjà reçu plusieurs demandes de pays africains pour des projets similaires. Saleh Ben Haliki, directeur général de la Tchadienne d’électricité, a salué ce projet comme l’un des premiers résultats concrets des « nouvelles relations » entre les deux nations, réaffirmant la volonté du Tchad de tirer parti de l’expertise algérienne, désormais reconnue comme un modèle en matière d’électrification.