Alerte au Burkina Faso : disparition inquiétante de deux figures du Balai citoyen

Inquiétude au Burkina Faso : deux membres du Balai citoyen victimes de disparition forcée

La situation des droits humains au Burkina Faso s’assombrit avec la disparition récente de deux acteurs majeurs de la société civile. Amadou Sawadogo, responsable régional, et Miphal Ousmane Lankoandé, secrétaire exécutif du mouvement Balai citoyen, sont désormais introuvables suite à des interventions ciblées.

Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été interrogé par les services de la sûreté de l’État à Ouagadougou concernant ses publications sur les réseaux sociaux. Après une seconde convocation le lendemain, toute trace de lui a été perdue. De son côté, Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile, peu après son retour d’un séminaire au Bénin. Des individus armés, se réclamant de la gendarmerie, ont procédé à son arrestation sous les yeux de ses proches.

Une répression systémique contre la société civile

Ces événements ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une série d’actions visant le Balai citoyen, une organisation qui milite pour un État de droit. L’avocat Guy Hervé Kam subit toujours une détention arbitraire, tandis que d’autres membres comme Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo ont été envoyés de force au front militaire, malgré des décisions de justice en leur faveur.

Le secteur de la presse est également durement touché. Plusieurs journalistes, dont Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, ont disparu en mars 2025. D’autres professionnels des médias, tels que Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, demeurent également introuvables depuis l’été 2024.

L’utilisation des réquisitions comme outil de pression

Les autorités de transition utilisent des décrets de 2022 et 2023 pour justifier l’enrôlement forcé de voix critiques au sein de l’armée. Cette pratique, dénoncée par le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées, semble viser spécifiquement les défenseurs des droits humains et les opposants politiques. L’Observatoire redoute que Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé ne subissent le même sort.

Appel à une mobilisation internationale

Face à cette dérive, des mesures urgentes sont demandées aux autorités militaires du Burkina Faso :

  • Garantir la sécurité physique et psychologique des militants disparus.
  • Révéler immédiatement leur localisation et permettre l’accès à leurs avocats et familles.
  • Mettre fin aux enlèvements et aux réquisitions punitives utilisées pour faire taire la dissidence.
  • Respecter les engagements internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

La communauté internationale et les représentations diplomatiques sont invitées à interpeller le gouvernement burkinabè pour obtenir la libération inconditionnelle de ces défenseurs des droits humains.